Un peu d'histoire...
L'origine de la vigne savoyarde semble remonter à la plus haute Antiquité, ainsi des auteurs latins comme Pline et Columelle auraient déjà fait mention, au Ier siècle après JC, des vignes de l'Allobrogie en des termes élogieux.
C'est cependant aux moines du Moyen Âge que l'on doit son développement. Car ces hommes d'Église pratiquaient de nombreuses expériences en matière de conduite de la vigne et dans le domaine de la vinification. Mais l'abolition progressive du servage, et de l'émergence de la bourgeoisie précipitèrent ensuite le déclin des propriétés seigneuriales. La redistribution des terres aboutît à un important morcellement du vignoble qui, ajoutée à la plantation de cépages médiocres altérèrent la qualité du vin.
Malgré des mesures réglementaires, une situation de surproduction chronique s'installa au XVIe siècle en Savoie. Elle persista jusqu'à la révolution de 1789, à partir de laquelle récession des fermiers à la propriété permit d'accroître le soin apporté au vignoble.
Débuts XIX siècle, la qualité des vins savoyards était déjà très hétérogène. L'annexion de la Savoie à la France eut des conséquences moins catastrophiques que celles auxquelles aurait pu s'attendre. L'entrée en concurrence des vins savoyards avec les vins du midi Aiçais s'effectua peu avant la crise du phylloxéra (1877), crise qui précéda de peu apparition du mildiou et de l'oïdium. Mais ces "malheurs" n'eurent heureusement que peu d'incidences sur la surface du vignoble. Un vaste mouvement de replantation accompagna en effet de profondes transformations qui prirent fin au début du siècle suivant.
Le XXe siècle, ses crises viticoles (début du siècle et 1922) et économiques, ses guerres mondiales… tous ces événements de grande ampleur auront d'importantes répercussions sur le vignoble savoyard sans pour autant le faire disparaître. Bien au contraire, il garde aujourd'hui la place privilégiée qu'il a toujours occupée.
Et de géographie,...
Le vignoble savoyard est présent sur neuf zones géographiques :
En Haute-Savoie, où il s'étend sur 170 ha : la rive sud du Léman (crus Ripaille, Crépy, Marignan et Marin), fa côte d'Arve (Ayze), la vallée des Usses (Frangy) et le long du Rhône (Vignoble de Seyssef partagé avec l'Ain pour 90 ha).
En Savoie, if couvre 1 550 ha, sur les premières côtes de la rive gauche du Rhône (Chautagne), le versant occidental de la montagne du Chat (Marestef, Monthoux, Joigneux), le Val du Bourget et la cluse de Chambéry (Honterminod, St Joire, Chignin, Bergeron, Apremont et Abîmes qui débordent sur l'Isère pour 130 ha) et la rive droite de la Combe de Savoie (Crus Montmélian, Arbin, Cruet et Saint Jean de la Porte). |